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L'Esprit MAROT

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Pour Pierrette

Max Marot était cafetier. Pendant qu'il servait clients et habitués, Pierrette faisait tout à la maison: cuisine, service, pour les enfants et les petits-enfants qui se réunissaient autour de la table familiale, pour le repas... Mais la seule chose qu’elle laissait, le seul moment où on la servait, elle, et où elle s’asseyait enfin à table avec les siens, c’était pour sa "mauresque", que Max lui préparait en revenant du café.

 

La Mauresque, c'était le sirop d’orgeat que son gascon de mari rajoutait secrètement à son Armagnac favori. De l’orgeat, parce que cela avait le goût de la crème du gâteau basque que savourait la petite Pierrette, au Pays, dont elle reparcourait un instant les vallées vertes, les yeux fermés au-dessus de sa liqueur orangée...


- Et mon glaçon? lui disait-elle alors, la tête relevée.
Alors Max revenait l’embrasser sur le front... et parfois sur la bouche, pour les grandes occasions.

 

Et chacun sirotait longuement son breuvage en écoutant les histoires des enfants, puis des petits enfants, restés à table jusqu'au goûter...

Max et Pierrette, ce sont mes grands-parents.

La Mauresque Gasconne: l'esprit de leur amour, aujourd'hui partagé.

Julien Marot

 

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